Tuberculose, lèpre, syphilis : ces maladies que l’on croyait disparues mais qui reviennent
Tuberculose, lèpre, syphilis : ces maladies qu’on croyait disparues mais qui reviennent
Quand on entend parler de tuberculose, de lèpre ou de syphilis, beaucoup de personnes pensent à des maladies d’un autre temps. Elles renvoient à l’histoire de la médecine, à des époques où les traitements étaient limités, où le dépistage était plus difficile et où certaines infections faisaient des ravages. Dans l’imaginaire collectif, elles appartiennent souvent au passé.
Et pourtant, ces maladies n’ont pas totalement disparu. Mieux encore, ou plutôt plus justement, il faut dire qu’elles n’ont jamais complètement cessé d’exister. Selon les cas, elles circulent encore à bas bruit, restent présentes dans certaines régions du monde, ou réaugmentent dans certains groupes de population. Le phénomène n’est pas identique pour la tuberculose, la lèpre et la syphilis, mais le point commun est clair : croire qu’elles ont totalement disparu peut conduire à baisser la garde.
Pour un blog comme celui de Sérénitis, ce sujet mérite une approche à la fois calme, pédagogique et utile. Il ne s’agit pas d’alarmer les seniors ou leurs proches, mais de rappeler une idée simple : la prévention, le dépistage et l’accès aux soins restent essentiels, y compris face à des maladies que l’on croit parfois reléguées au passé.
Dans cet article, nous allons comprendre pourquoi on reparle aujourd’hui de ces trois maladies, ce que signifie réellement leur « retour », quelles populations ou quelles zones sont davantage concernées, et pourquoi les seniors et les aidants ont tout intérêt à rester informés.
Pourquoi parle-t-on du retour de certaines maladies infectieuses ?
Le mot “retour” est parfois un raccourci médiatique. Il laisse entendre qu’une maladie avait complètement disparu avant de réapparaître brutalement. En réalité, la situation est souvent plus nuancée. Certaines maladies n’ont jamais cessé d’exister, mais elles étaient devenues plus rares dans certains pays, moins visibles dans l’espace public ou moins présentes dans les préoccupations collectives.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer qu’on en parle à nouveau : une hausse des cas dans certains territoires, de meilleures capacités de dépistage, des retards de diagnostic, des fragilités sociales, des inégalités d’accès aux soins, l’impact de la pandémie de Covid sur les systèmes de santé, ou encore une moindre perception du risque.
Autrement dit, la réapparition peut parfois être une vraie hausse, parfois un rattrapage du dépistage, parfois le signe qu’une maladie continue à circuler dans certains groupes sans faire beaucoup de bruit. C’est pour cela qu’il faut éviter les lectures trop simplistes.
La tuberculose : une maladie ancienne qui n’a jamais disparu
La tuberculose est probablement l’exemple le plus clair d’une maladie que beaucoup imaginent disparue alors qu’elle reste, à l’échelle mondiale, un problème de santé publique majeur. Même en Europe, elle continue d’exister, avec des écarts importants selon les pays, les régions et les contextes sociaux.
En France, les données récentes montrent qu’après plusieurs années perturbées par la pandémie, l’incidence a remonté en 2023. Cette hausse a été interprétée comme un retour vers une situation plus proche de l’avant-Covid, les années de pandémie ayant aussi perturbé le dépistage et les déclarations. À l’échelle européenne, les données 2024 montrent ensuite une baisse, ce qui rappelle qu’il faut toujours analyser les tendances avec prudence. Ce n’est donc pas un “retour” uniforme, mais plutôt une maladie toujours présente, avec des fluctuations selon les contextes. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
La région Europe de l’OMS reste en outre marquée par un poids important des formes résistantes aux traitements. Et l’OMS a signalé une hausse préoccupante des cas pédiatriques dans la région, ce qui montre que la transmission continue. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Pourquoi la tuberculose reste un sujet important
La tuberculose se transmet principalement par voie aérienne, ce qui explique pourquoi le diagnostic rapide et la prise en charge précoce sont si importants. Elle ne touche pas toutes les populations de la même manière : certaines situations sociales, certains lieux de vie, certaines vulnérabilités médicales ou certains parcours migratoires peuvent augmenter le risque d’exposition ou de retard diagnostique.
Pour les seniors, le sujet est important pour plusieurs raisons. D’abord parce que l’âge peut s’accompagner de fragilités immunitaires ou de maladies chroniques. Ensuite parce qu’une infection respiratoire chronique ou atypique chez une personne âgée peut parfois être banalisée à tort. Enfin parce que la vie en collectivité, les parcours de soins complexes ou certains contextes de précarité peuvent compliquer le repérage.
Il ne faut pas en déduire que les personnes âgées seraient les principales concernées par la transmission actuelle. Mais dans une logique de prévention, il est utile de rappeler qu’une toux prolongée, un amaigrissement inexpliqué, une fatigue inhabituelle ou une altération de l’état général méritent toujours une évaluation médicale.
La syphilis : une hausse beaucoup plus nette et documentée
Parmi les trois maladies évoquées ici, c’est sans doute la syphilis qui illustre le plus clairement l’idée d’un retour ou, plus précisément, d’une recrudescence. Les données européennes montrent une augmentation marquée au cours de la dernière décennie, et la France observe elle aussi une progression des diagnostics.
Dans l’Union européenne et l’Espace économique européen, plus de 41 000 cas confirmés ont été signalés en 2023, avec une hausse de 13 % par rapport à 2022 et un doublement par rapport à 2014. L’ECDC souligne que la majorité des cas concernent des hommes, en particulier des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, mais note aussi une augmentation chez les femmes, ce qui alimente l’inquiétude concernant la syphilis congénitale. :contentReference[oaicite:5]{index=5}
En France, Santé publique France indique environ 6 500 personnes diagnostiquées et traitées pour une syphilis en secteur privé en 2024, avec une augmentation d’environ 12 % entre 2022 et 2024. D’autres travaux de Santé publique France montrent aussi une vigilance particulière sur la syphilis congénitale et sur certaines zones comme les DROM ou l’Île-de-France pour certaines populations. :contentReference[oaicite:6]{index=6}
Pourquoi la syphilis réaugmente-t-elle ?
Il n’existe pas une explication unique. La hausse des cas de syphilis s’inscrit dans un contexte plus large d’évolution des comportements, du dépistage et de la prévention des infections sexuellement transmissibles. Une meilleure détection peut expliquer une partie des chiffres, mais elle n’explique pas tout. Les autorités sanitaires parlent bien d’une progression réelle dans plusieurs pays.
La syphilis peut en plus être trompeuse, car ses symptômes ne sont pas toujours immédiatement reconnus. Elle peut commencer par une lésion indolore, puis évoluer par phases, avec parfois des périodes silencieuses. C’est précisément ce qui rend le dépistage important chez les personnes exposées.
Pour les seniors, ce sujet est parfois sous-estimé. Or la sexualité ne s’arrête pas à 60 ans, et les campagnes de prévention ciblent historiquement moins les personnes âgées. Cela peut favoriser une moindre perception du risque, un retard au dépistage ou une gêne à parler de santé sexuelle avec un professionnel. Dans une logique de prévention globale, il est donc utile de rappeler que les IST concernent aussi les adultes plus âgés.
La lèpre : pas un retour massif en Europe, mais une maladie toujours présente dans le monde
La lèpre occupe une place particulière dans ce trio. Contrairement à la syphilis, on ne peut pas parler d’une forte réémergence généralisée en France ou en Europe occidentale. En revanche, il serait faux de la considérer comme une maladie disparue à l’échelle mondiale.
L’OMS rappelle qu’en 2024, 172 717 nouveaux cas ont encore été signalés dans le monde. Les données montrent aussi que la quasi-totalité des nouveaux cas se concentre dans un nombre limité de pays prioritaires, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Autrement dit, la lèpre est devenue rare dans de nombreuses régions, mais elle reste une réalité sanitaire dans plusieurs pays. :contentReference[oaicite:7]{index=7}
Il est donc plus juste de parler de persistance mondiale que de véritable retour européen massif. Cela n’empêche pas que des cas puissent être diagnostiqués dans des pays où elle est rare, notamment dans des contextes de migration, de voyage, de diagnostic tardif ou d’exposition ancienne. C’est d’ailleurs ce qui explique que les professionnels de santé soient encore invités à la connaître, même si elle reste exceptionnelle.
Pourquoi la lèpre continue-t-elle d’exister ?
La lèpre est une maladie infectieuse qui se soigne aujourd’hui, mais son élimination complète reste difficile. Les retards diagnostiques, la stigmatisation, les difficultés d’accès aux soins et les inégalités de santé jouent un rôle important. Lorsqu’elle est repérée tardivement, elle peut encore entraîner des atteintes neurologiques ou des incapacités évitables.
Le fait même que beaucoup de personnes pensent qu’elle a disparu peut contribuer aux retards. Une maladie jugée “impossible” dans l’esprit collectif est parfois moins vite évoquée face à des signes pourtant évocateurs. C’est une bonne illustration du fait que la disparition sociale d’une maladie n’est pas la même chose que sa disparition biologique.
Quelles zones ou populations sont les plus concernées ?
Là encore, il faut distinguer les maladies.
Pour la tuberculose, les disparités géographiques restent fortes. Certaines régions du monde et certains pays européens concentrent davantage de cas, notamment en lien avec des inégalités sociales, des contextes migratoires, des difficultés d’accès aux soins ou une prévalence plus forte des formes résistantes. En France, certaines régions, comme l’Île-de-France, restent particulièrement concernées par rapport au reste du territoire. :contentReference[oaicite:8]{index=8}
Pour la syphilis, les données européennes montrent une concentration importante chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, mais aussi une hausse chez les femmes. En France, la vigilance porte aussi sur certaines zones et sur le risque de transmission materno-fœtale. :contentReference[oaicite:9]{index=9}
Pour la lèpre, les nouveaux cas se concentrent très majoritairement dans un nombre limité de pays prioritaires. En Europe, les cas restent rares et ne justifient pas une inquiétude généralisée pour la population générale. :contentReference[oaicite:10]{index=10}
Ce que les seniors et les aidants doivent retenir
Pour un lectorat orienté seniors, l’objectif n’est pas de faire naître une peur disproportionnée. La plupart des lecteurs de Sérénitis ne sont pas exposés de manière directe à ces trois maladies dans leur vie quotidienne. En revanche, il est utile de retenir quelques principes de prévention.
D’abord, une maladie ancienne n’est pas forcément une maladie disparue. Ensuite, le dépistage et l’accès rapide aux soins restent essentiels, surtout quand une infection peut être silencieuse, atypique ou longtemps ignorée. Enfin, certaines vulnérabilités sociales, certains parcours de vie, certains voyages, certaines situations de collectivité ou certains retards de diagnostic peuvent exposer davantage que l’âge lui-même.
Pour les aidants, cela signifie surtout une chose : rester attentif à des symptômes qui durent, à un amaigrissement inexpliqué, à une altération de l’état général, à une toux prolongée, à des lésions inhabituelles ou à toute situation médicale qui mérite d’être évaluée plutôt que banalisée.
Prévention, dépistage, information : les trois bons réflexes
Face à ces maladies, la prévention ne repose pas sur un seul levier.
Pour la tuberculose, la clé est le repérage rapide, l’accès au diagnostic et au traitement, ainsi que les stratégies de santé publique dans les populations et territoires les plus exposés.
Pour la syphilis, la prévention passe par l’information, le dépistage, la santé sexuelle, l’accès aux soins et une meilleure prise en compte de toutes les classes d’âge, y compris les seniors, souvent moins visibles dans les messages de prévention.
Pour la lèpre, le défi est surtout mondial : diagnostic précoce, lutte contre la stigmatisation, continuité des soins et vigilance dans les pays où elle reste endémique.
Dans tous les cas, l’information est essentielle. Une population qui pense qu’une maladie a disparu peut sous-estimer les symptômes, différer une consultation ou considérer certains sujets comme “non concernés”.
Pourquoi ce sujet a sa place sur le blog de Sérénitis
À première vue, parler de tuberculose, de lèpre ou de syphilis peut sembler éloigné des sujets du maintien à domicile, de la téléassistance ou de la prévention des chutes. Pourtant, le lien existe : bien vieillir à domicile, c’est aussi mieux comprendre les enjeux de santé qui peuvent fragiliser les personnes avec l’âge, surtout quand ils sont mal connus ou sous-estimés.
Le rôle d’un blog comme celui de Sérénitis n’est pas seulement de parler des risques les plus fréquents. C’est aussi d’aider les seniors et leurs proches à développer une culture de prévention, sans anxiété excessive, mais avec de bons repères. Savoir qu’une maladie n’a pas totalement disparu, savoir qu’elle peut encore exister dans certains contextes, savoir qu’un dépistage peut être utile : tout cela participe à une meilleure vigilance globale.
Conclusion
Tuberculose, lèpre, syphilis : ces maladies que l’on croyait disparues ne se ressemblent pas, et leur “retour” ne doit pas être compris de manière uniforme. La tuberculose reste bien présente dans le monde et continue de nécessiter une forte vigilance. La syphilis connaît une hausse documentée dans plusieurs pays, dont la France. La lèpre, quant à elle, reste rare en Europe mais demeure une réalité dans plusieurs régions du monde.
Le point commun entre ces trois maladies, c’est qu’elles rappellent une vérité simple : en santé publique, ce qui devient moins visible ne disparaît pas forcément. La prévention, le dépistage et l’information restent donc essentiels.
Pour les seniors comme pour les aidants, le plus important est de ne pas céder à l’alarmisme, mais de garder les bons réflexes : consulter en cas de symptômes persistants, ne pas banaliser certains signes, parler de prévention avec les professionnels de santé et rester informé. C’est aussi cela, bien vieillir avec davantage de sécurité et de sérénité.
FAQ – Tuberculose, lèpre, syphilis : ce qu’il faut comprendre
Voici quelques questions fréquentes sur ces maladies que l’on croit parfois disparues, mais qui restent présentes dans certaines zones ou certaines populations.
La tuberculose existe-t-elle encore aujourd’hui ?
Oui, la tuberculose existe toujours aujourd’hui. Elle n’a jamais complètement disparu et reste un problème important de santé publique dans le monde. En France et en Europe, elle continue d’être surveillée, avec des variations selon les régions et les populations concernées.
Pourquoi parle-t-on du retour de la syphilis ?
On parle du retour de la syphilis parce que les diagnostics augmentent dans plusieurs pays européens, y compris en France. Il s’agit d’une recrudescence documentée, liée à plusieurs facteurs comme l’évolution des comportements, le dépistage et la prévention des infections sexuellement transmissibles.
La lèpre a-t-elle disparu ?
Non, la lèpre n’a pas totalement disparu. Elle est devenue rare dans de nombreux pays, mais elle reste présente dans plusieurs régions du monde. Elle est aujourd’hui curable, mais nécessite encore un dépistage précoce et un accès aux soins dans les pays les plus touchés.
Les seniors sont-ils particulièrement concernés par ces maladies ?
Les seniors ne sont pas systématiquement les plus exposés, mais ils peuvent être concernés par certains retards diagnostiques, par des symptômes atypiques ou par des fragilités de santé qui rendent la vigilance importante. Les aidants ont aussi un rôle utile pour repérer des signes persistants ou inhabituels.
Quels symptômes doivent alerter ?
Tout dépend de la maladie, mais de manière générale, une toux qui dure, une fatigue inhabituelle, une perte de poids inexpliquée, des lésions inhabituelles ou certains symptômes persistants doivent conduire à demander un avis médical. L’objectif n’est pas de s’alarmer, mais de ne pas banaliser des signes qui s’installent.
Pourquoi certaines maladies que l’on croyait disparues reviennent-elles ?
Leur réapparition peut s’expliquer par plusieurs facteurs : circulation persistante dans certaines régions du monde, hausse réelle dans certaines populations, retards de dépistage, inégalités d’accès aux soins, ou encore meilleure détection grâce aux systèmes de surveillance. Le terme “retour” est donc parfois plus complexe qu’il n’y paraît.
Faut-il s’inquiéter en France ?
Il ne faut pas tomber dans l’alarmisme. En revanche, il est utile de rester informé. En France, la syphilis est en hausse, la tuberculose reste surveillée, et la lèpre reste rare. Le bon réflexe consiste surtout à faire confiance au suivi médical, au dépistage et à la prévention.

